Une pelle a six ans et tourne encore bien.
Une autre a trois ans, mais passe de plus en plus souvent à l’atelier.
Chaque année, la même question revient : on garde ou on revend ?
Le plus souvent, la décision se prend sur l’âge du matériel ou sur le ressenti de l’atelier. Pourtant, une bonne partie des éléments pour trancher existe déjà : les heures au compteur et ce que coûte l’entretien.
Voici comment les lire 👇
Le problème rencontré
Sur le terrain, on entend souvent les mêmes questions :
à partir de combien d’heures la valeur de revente décroche-t-elle ?
l’entretien de cette machine augmente-t-il vraiment, ou est-ce juste une mauvaise année ?
vaut-il mieux renouveler maintenant ou attendre un an de plus ?
Les réponses existent en partie.
Mais les données sont rarement au même endroit : les heures d’un côté, les coûts de l’autre, le prix d’achat ailleurs.
Compter en heures, pas en années
Deux engins du même âge n’ont pas forcément vieilli de la même façon.
Prenons un parc de 30 pelles de 5 t et plus dans une entreprise de travaux publics. Selon la machine, l’utilisation va de 500 à 1 350 heures par an. À âge comparable, certaines pelles ont presque trois fois plus d’heures que d’autres.
L’âge dit depuis quand la machine est là. Les heures disent combien elle a travaillé.
La courbe en baignoire
Le coût d’un engin par heure de travail suit une courbe en creux.
Au début, la perte de valeur pèse lourd et l’entretien est faible.
Ensuite, la décote ralentit et l’entretien reste maîtrisé : c’est la période la plus économique.
Puis l’entretien augmente plus vite que la décote ne diminue, et le coût horaire remonte.
Le bon moment pour revendre se situe dans ce creux, avant la remontée. Un article récent d’Entraid, le média des cuma, applique cette méthode à un tracteur. La valeur de reprise y baisse nettement au-delà de 4 500 à 5 000 heures. Les chiffres changent selon le matériel, mais le principe vaut aussi pour une pelle ou un poids lourd.
Ce creux dure souvent longtemps. On a en général plusieurs centaines d’heures pour décider, pas quelques jours.
Ce que montrent des données réelles
Sur notre parc de 30 pelles, les coûts d’entretien en disent déjà beaucoup.
Ramené à l’heure travaillée, l’entretien va de moins de 1 € à plus de 7 € selon la machine.
Cinq pelles du même modèle n’ont pas du tout le même coût d’entretien.
Sur plusieurs machines, l’entretien a plus que doublé d’une année sur l’autre.
Ces écarts ne disent pas encore quand revendre. Ils montrent quelles machines regarder en premier.
Avec un historique complet depuis la mise en service, on va plus loin : on suit, machine par machine, le coût réel par heure travaillée et le moment où il commence à remonter.
Ce qui fonctionne sur le terrain
Pour décider avec des chiffres, quelques données suffisent :
Le prix d’achat : la base pour connaître le coût réel de chaque matériel.
Les heures : pour comparer les machines entre elles, par télématique ou par relevé.
Le coût de chaque intervention : pour suivre l’entretien par heure cumulée et repérer les machines qui dérivent.
Les périodes d’immobilisation : à noter pour chiffrer ce que coûte une machine à l’arrêt.
Le prix d’une machine neuve : pour comparer ce que coûtera l’année à venir avec le coût moyen d’un remplaçant, au prix d’aujourd’hui.
La valeur de revente reste l’hypothèse la plus fragile. Mieux vaut tester deux scénarios, un prudent et un optimiste, que se fier à un seul chiffre.
En pratique dans sharemat
Dans sharemat, ces données se retrouvent autour de la même fiche matériel :
le prix d’achat ;
le compteur, alimenté par la télématique ou par des relevés manuels ;
les interventions, avec leur coût ;
les périodes d’indisponibilité de chaque machine.
Avec ces données, on calcule ce que la machine a coûté pour chaque heure travaillée depuis son achat :
Coût par heure = (Prix d’achat − Valeur de revente + Entretien cumulé) ÷ Heures cumulées
On refait ce calcul à chaque relevé d’heures, avec la valeur de revente estimée à ce moment-là. Tant que le résultat baisse, garder la machine reste intéressant : chaque heure en plus fait baisser son coût moyen. Quand il se met à remonter, chaque heure en plus coûte plus cher que les précédentes : c’est le moment de regarder la revente.
Pour trancher, on compare avec un remplaçant. On estime le coût par heure d’une machine neuve, à son prix d’aujourd’hui. Si l’année à venir de la machine actuelle coûte plus cher par heure que ce remplaçant, il est temps de renouveler.
La valeur de revente change le résultat. Quand elle est basse, la machine a déjà perdu sa valeur : mieux vaut l’amortir sur plus d’heures. C’est pour cela qu’on teste toujours une hypothèse haute et une hypothèse basse.
Les équipes SHAREMAT peuvent vous accompagner pour construire ce calcul à partir de vos données.
La décision vous appartient. Sharemat rassemble les chiffres pour qu’elle repose sur autre chose que l’âge.
Le mot de la fin
Revendre trop tôt fait perdre de la valeur. Revendre trop tard coûte en entretien et en immobilisations.
Le bon moment se lit dans les heures et dans les coûts. Encore faut-il les saisir dès aujourd’hui pour pouvoir décider demain.